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Les traces numériques post mortem comme patrimoine

Projet en cours d’élaboration.
Porté par Hélène Bourdeloie, LabSIC, Université Paris 13.
Durée estimée de la recherche : 36 mois.

Si les dispositifs numériques ont ébranlé les échelles traditionnelles de légitimité, ils ont également transformé des notions comme celle de patrimoine. Avec le numérique, la notion de patrimoine se dissout et devient protéiforme. C’est pourquoi ce projet s’intéresse à une conception du patrimoine ancrée dans l’ordinaire, éloignée d’une conception élitaire. Il partirait ainsi d’une définition qui n’est pas dictée par les autorités ou organismes dédiés mais d’une acception qui prend sens pour les individus, sans qu’ils recourent nécessairement à cette notion.
Avec le développement des dispositifs numériques, se pose en effet de plus en plus la question du devenir des traces individuelles (photographies, vidéos, écrits, signes idéographiques, sites internet, cartes de visite...) qui ont été laissées sur les réseaux socionumériques ou différents sites web. De surcroît, tous ces dispositifs invitent les individus à immortaliser de plus en plus des moments de leur vie ordinaire, de leur quotidien.
Ces nombreuses données, qui ne disparaissent pas à la mort des défunts, tiennent dès lors lieu de patrimoine individuel ou collectif dans la mesure où elles transmettent des valeurs, des sentiments, des croyances, des expériences de vie, etc.
Via une enquête qualitative, ce projet veut étudier les usages des traces numériques post mortem en interrogeant la notion de patrimoine et en faisant l’examen de ces usages dans une perspective intersectionnelle, c’est-à-dire qui interroge des catégories analytiques comme le genre, l’âge ou la classe sociale…

Cette proposition prend appui et complète les recherches conduites dans le cadre du projet ENEID Éternités numériques (Partenaires : Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Université Paris 13 Nord, Université de Technologie de Compiègne ; Coordinatrice : Fanny Georges, Université Paris 3), financé de 2014 à 2017 par l’Agence Nationale de la Recherche, dans le cadre de l’appel à projet Sociétés innovantes 2013.

/ Image : Portrait du Fayoum, Egypte, peinture à la cire, IIe-IIIe siècle ap. J.-C., musée Mandet, Riom.
/ Source : Wikimedia commons.

Dispositif envisagé

- Veille technologique pour identifier les dispositifs numériques dédiés (mémoire, hommages, présentation de soi, etc.)
- Enquête sociologique quantitative (60 entretiens semi-directifs avec usagers et concepteurs des dispositifs).